À moins de deux mois de la saison estivale, le Pays de la Sagouine a dévoilé récemment sa programmation couvrant la période du 21 juin au 6 septembre 2026.
En tête d’affiche, un nouveau souper-spectacle intitulé La dernière nuit explorera les destins de Citrouille (Luc LeBlanc), Maggie (Mélanie LeBlanc), Tilmon (Christian Kit Goguen) et Marguerite (Lilianne Cormier), au son d’un répertoire de chansons entièrement originales, signées Jac Gautreau. Les sept morceaux composés sur mesure pour la pièce en font une oeuvre sans précédent pour le Pays de la Sagouine qui mettra en vente les billets dès le 13 mai pour le les membres villageois et le 15 mai pour le grand public, en vue des représentations qui auront lieu en juillet et en août.
À l’Ile-aux-Puces, une version spéciale 30e anniversaire du spectacle les Forlaqueries, qui fera revivre le personnage Bonnaventure, sera présentée à quelques reprises sur la grande scène, qui accueillera également cinq autres pièces. Une rotation allant du mercredi au dimanche sera établie afin d’offrir une performance chaque jour dès 14h. En service depuis 1992, l’ile est appelée à diminuer, voire cesser ces activités au cours des prochaines années en raison de facteurs environnementaux.

Akadi Lumina, l’expérience nocturne lumineuse, sera accessible pendant tout l’été, ainsi que des portions du printemps et de l’automne puisque le parcours ouvrira ses portes du 29 mai au 31 octobre. Depuis ses débuts en 2023, l’attraction imaginée par Moment Factory a déjà accueilli plus de 125 000 visiteurs.
La programmation inclut également des soirées musicales à la terrasse, du stand-up, des brunchs et des animations destinées aux enfants.
Avancer en s’adaptant
Un mot a semblé faire l’unanimité lors des discours entourant le dévoilement de la programmation : évolution. Camille Thériault, président du conseil d’administration du Pays de la Sagouine, soutient que la vitalité du Pays passe par sa faculté d’adaptation: « Les entreprises ou les sites touristiques qui ne se transforment pas ne vont pas survivre. Et nous même si c’est difficile changer on croit toujours que c’est important et on veut s’assurer qu’on va être prêts pour vivre et survivre et passer un autre 30 années ici sur le site du Pays. »
La directrice générale et artistique du Pays de la Sagouine, Monique Poirier, a renchéri en insistant sur l’importance de diversifier l’offre afin de rejoindre des publics de tout genre. Elle croit refléter ce désir dans une programmation qui s’étend désormais bien au-delà des horaires traditionnels, rejoignant plusieurs sphères et attirant des gens de tous les âges.
Parallèlement, les inspirations historiques ne semblent pas non plus en voie de tomber dans l’oubli: « Le Pays de la Sagouine c’est un héritage vivant et ce qui me rend le plus fière, c’est de voir notre équipe le porter avec autant de force, de respect et d’élan. Antonine Maillet et Viola Léger nous ont légué quelque chose de précieux. Notre responsabilité, c’est de le faire vivre pleinement, aujourd’hui, et d’en assurer un avenir lumineux. » pouvait-on lire dans un communiqué.
Quatorze mois après le décès d’Antonine Maillet, la romancière et dramaturge acadienne dont les récits ont façonné l’imaginaire du Pays de la Sagouine, ce nom continue de résonner sur le site de Bouctouche. Au-delà de ses oeuvres qui demeurent essentielles au processus de création, sa contribution se ressent encore aujourd’hui dans d’autres aspects, difficiles à quantifier.
« C’est une responsabilité qu’on a de continuer à faire vivre les textes, mais plus important encore c’est de rester branché sur la vision d’Antonine. Elle nous a légué plus que des textes. Elle nous a légué la fierté d’être qui on est, de toujours célébrer le désir de se raconter, d’accueillir la visite et de partager notre vision de l’Acadie. »
– Monique Poirier
Mme Poirier continue en indiquant que les écrivains actifs au Pays de la Sagouine s’inspirent des récits d’Antonine Maillet, mais surtout de sa couleur, se fiant aussi à leur perspective individuelle ancrée dans leurs expériences sur scène. La directrice s’est réjouie de pouvoir compter sur des artistes qui parviennent à allier leur plume à leur talent d’interprétation, notamment Denise Bouchard (anciennement Mariaagélas), David Losier (Ben à Bélonie) et Luc LeBlanc (Citrouille). Ce dernier, qui amorce sa 32e saison au Pays de la Sagouine, y voit un milieu aux vastes possibilités: « Ce qui est bien avec le Pays de la Sagouine c’est qu’on a un grand terrain artistique (de jeu), on écrit, on fait de la mise en scène, on collabore, c’est 35 ans de création […] On ne se posait pas la question la première année, mais c’est quelque chose qu’on a bâti une pierre à la fois pour arriver en 2026 et être encore là, toujours aussi forts. »
Cet été, on peut s’attendre à ce qu’il « rêve de mots » dans le nouveau souper-spectacle La dernière nuit qu’il prépare avec enthousiasme, mais en ce qui a trait à l’avenir du Pays de la Sagouine Luc LeBlanc n’en doute pas: la dernière nuit ne viendra pas de sitôt.


