Où en est la crise à Cuba?

Il y a quelques semaines, les États-Unis ont évoqué une « prise de contrôle amicale » de Cuba, qui est touchée depuis plusieurs mois par une crise économique et humanitaire.

Face à un flux constant d’informations, il peut être difficile de s’y retrouver et de décerner le vrai du faux. On vous propose un court résumé de la situation à Cuba :

La crise actuelle débute avec l’intervention américaine au Venezuela le 3 janvier, lorsque le président Nicolás Maduro a été capturé par les forces américaines. Le Venezuela était un allié important pour Cuba et un pilier de l’économie cubaine. Le pays sud-américain exportait quotidiennement 35 000 barils de pétrole vers l’île en échange de soins médicaux offerts par des médecins cubains. Peu de temps après la destitution de Maduro, les États-Unis laissent entendre que Cuba pourrait être leur prochaine cible.

Le président vénézuélien Nicolas Maduro, arrêté et détenu par les États-Unis à New York, en janvier. Photo : Reuters/Eduardo Munoz.

À la fin du mois de janvier, Donald Trump a annoncé sur les réseaux sociaux qu’il faisait stopper l’exportation du pétrole vénézuélien vers Cuba. Il a aussi encouragé les dirigeants cubains à conclure un accord « avant qu’il ne soit trop tard ».

Comme le pays dépend à 90% des hydrocarbures importés pour produire son électricité, l’arrêt d’approvisionnement en carburant a causé des pénuries généralisées et des coupures d’électricité pouvant atteindre 20 heures par jour. Selon la compagnie électrique cubaine, Union Electrica (UNE), Cuba est privée de près de 50% de ses besoins énergétiques depuis le mois de février.

Au niveau économique, l’inflation cumulée a dépassé les 200%, la valeur monétaire nationale est en baisse et plusieurs secteurs économiques majeurs, comme le tourisme, enregistrent une baisse des profits. Plusieurs compagnies aériennes, telles que WestJet et Air Transat, ont d’ailleurs suspendu leurs vols vers Cuba à cause du manque de carburant et le gouvernement du Canada a émis un avertissement décourageant tout voyage non essentiel vers Cuba.

WestJet et AirTransat ont suspendu leurs vols à direction de Cuba en raison du manque de carburant. Photo : Radio-Canada/Daniel Thomas.

De son côté, le système de santé n’est pas laissé indifférent. Les pannes d’électricité affectent aussi les infrastructures médicales déjà affaiblies par l’ouragan Melissa l’année dernière et les hôpitaux sont en grave manque de matériel de base.

Cuba importait près de 70% de sa nourriture, mais avec le manque de devises et de carburant, les achats sont bloqués à l’étranger. La situation alimentaire est donc désormais critique : La Havane a dû solliciter pour la première fois l’aide du Programme alimentaire mondial (PAM) de l’ONU. Selon l’Observatoire cubain des droits de l’homme, sept Cubains sur dix ont déclaré sauter au moins un repas par jour.

En réponse, un convoi humanitaire international transportant, selon les organisateurs, « plus de 20 tonnes » de nourriture, de médicaments et de panneaux solaires a été envoyé vers Cuba à la fin du mois de mars.

Signé Nina Peyrat,

Ce texte réalisé dans le cadre du cours ICOM3120 (journalisme en ligne) est une contribution du programme d’information-communication de l’Université de Moncton.

Retour en haut